Libéralisation de la carte scolaire - Service minimum en cas de grève

Publié le par Malou

Quelle est donc cette France étonnante qui refuse d'appliquer la loi sur la libéralisation de la carte scolaire et le service minimum à l'école?

La presse nous informe qu'il est très difficile pour des parents d'inscrire leurs enfants dans des établissements hors carte scolaire. On leur oppose le manque de places, les enfants prioritaires etc... bref on ne pourrait appliquer les nouvelles directives! Qu'il est donc bizarre que dans votre propre circonscription scolaire, on vous doive l'accueil de vos enfants et non pas ailleurs. Il s'agit bien, ce me semble, du service public, non? Alors les parents dépités s'orientent vers les établissements privés, lesquels regorgeraient de place? Allons, soyons sérieux, les fonctionnaires décideurs auraient-ils plus de pouvoir que nos politiques élus?  Qui décide en France? Il est vraiment temps de réformer ce pays aux archaïsmes si profonds!

La presse nous informe qu'un vent de fronde se lève pour empêcher notre ministre de l'éducation d'organiser  à l'école le service minimum de garde des enfants. Cette option doit être organisée par les municipalités. Or, les mairies à coloration "gauche" semblent  refuser cette possibilité aux familles en galère, un jour de grève. Curieuse solidarité que celle consistant à prendre en otage des parents en difficulté! Au passage, soyons persuadés que ceux qui ont le plus besoin de cette aide, sont les plus démunis, les moins riches de nos concitoyens, ceux qui n'ont pas la possibilité financière de faire garder les enfants par une  baby sitter ou de payer le train pour les envoyer en famille. La gauche ne  fourbit-elle pas des armes à sa disposition pour s'opposer à la droite, en prenant en otage les mamans qui travaillent?  On accuse les défenseurs du service minimum d'être des briseurs de grève! Allons! la grève est un droit constitutionnel.  Les professeurs seront en grève pour ceux qui le souhaitent, leurs cours pas assurés. Les parents le savent, le regrettent ou l'approuvent. Le débat n'est pas là. Simplement, les bambins doivent être gardés et les parents doivent pouvoir aller travailler. C'est cela la liberté. Elle commence là où s'arrête celle de son voisin, de son compatriote, de son frère! Le débat est ouvert! Malou

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maminou 15/05/2008 23:15

Je ne suis pas sure que ce soit aux municipalites d'organiser le service minimum qui ont bien d'autres chats à fouetter; doivent elles, dans ce cas, organiser également le S.M. dans les hopitaux lors de grèves, etc.. etc.. l'état se décharge de plus en plus sur les collectivités, et trop c'est trop. iL semblerait d'aprés mes sources que l'argent défalqué des salaires des grévistes servirait à payer les heures de garderie ; ça me parait bien compliqué ; lorsque mes enfants étaient en primaire et secondaire, lors des grèves, assistantes maternelles,mères au foyer, mamies, se chargeaient des enfants et ceux restants étaient obligatoirement accueillis dans leur école ; je pensais que ce système existait toujours , ça fonctionnait plutot bien.

Malou 16/05/2008 00:26


Bonjour Maminou. De retour de ton séjour paradisiaque auvergnat? Comme dit Robert, les blogs sont un endroit d'expression pas de polèmique, à la différence d'un
forum par exemple et je souhaite que mon blog soit un endroit de quiétude. Mais il est vrai qu'il est bon de temps à autre de se laisser aller à une juste colère. C'est sain la colère! alors
libére-toi Maminou, l'hôtesse que je suis t'offre cet espace.

Pour le reste, je retiendrai surtout ta conclusion qui était en fait l'objet de mon billet. Comme tu le dis, organisons l'accueil de nos bambins pendant que les mamans et les papas travaillent. Il
s'agit bien sûr des parents qui n'ont pas accès à la solidarité familiale ou amicale de garde gratuite des enfants. Et ils sont nombreux ces parents qui, au débottté, perdent une journée de travail
ou doivent payer une nounou s'ils le peuvent,  car les professeurs n'informent pas toujours de leur participation à la grève (ce qui est leur droit selon la loi). Tu dis avoir connu ce système
et bien il n'est plus systématiquement organisé. C'est pour cela que la loi devient nécessaire pour combler les manques. Je t'embrasse Maminou.


Robert 15/05/2008 20:45

Je voulais intervenir moi aussi dans ce débat mais, après le commentaire de Polly, je n'ai pas grand chose à ajouter tant je suis d'accord avec elle, et, par voie de conséquence, en désaccord avec toi, ce qui me navre.

Constance dit "protester quand le combat le mérite..." Si celui dont nous parlons ne le mérite pas, lequel le méritera jamais ?

Je te suis quand tu dis :"il faut qu'il y ait débat avant, étude approfondie du sujet, en lien avec les différents partenaires..." C'est évident. Mais où est-il, le débat, sur les programmes scolaires, par exemple, ou sur la surcharge des classes dont parle Polly ?

Permets-moi de m'arréter là car je ne crois pas que les blogs soient un terrain idéal pour ce genre de discussion.

Amicalement
Robert

Malou 16/05/2008 00:06



Merci Robert pour ton commentaire très constructif. Tu sais, mon seul souci est de m'interroger sur le toujours plus. Je viens d'écouter une émission de Chabot
sur deux thèmes: Kouchner est-il encore un homme de gauche et sur le bilan des 1 an de Sarko, et il apparaissait que nos voisins anglais, espagnols, allemands, italiens avaient fait des réformes
de fond avec un consensus sur les grands sujets entre la droite et la gauche. Tout n'est pas réglé chez eux, tout n'est parfait mais ils ont une croissance tellement plus importante que chez nous
1,5 en Allemagne par exemple contre 0,6 en France  compter un taux de chômage bas. Je suis fatiguée par ces débats idéologiques du toujours plus, on en crève. Je crois finalement que c'est
surtout ce que je voulais dire dans mon article. Pour le reste, je ne suis pas spécialiste de la question Education Nationale. Je connais mieux le domaine de la santé. Je t'embrasse.
Malou



Fardoise 15/05/2008 13:30

non, je n'avais pas lu. Je réponds à propos de mon article qu'il ne faut pas confondre droit et devoir, faire grève est un droit, enseigner un devoir. Le service minimum est donc inhérent au droit de grève, j'y ai participé moi-même pour que les enfants soient gardés et puissent manger. Je ne m'offusque que du fait qu'on ne s'attaque qu'au droit de grève de certaines personnes, celles justement dont on veut supprimer le statut de "privilégiés".

Malou 15/05/2008 20:19



Je pense que nous sommes en grande partie d'accord Fardoise. Jusqu'au bout je ne sais car augmenter la dépense publique sans fin n'est pas une solution pour notre
pays. Alors, diminuer le nombre de fonctionnaires? Il me semble que nous avons tellement attendu que nous sommes au pied du mur. Il aurait mieux fallu avant réfléchir missions du service public,
au comment et pour quoi faire? Sans doute ferons-nous comme l'Angleterre, on réduit et après quand les finances se rétablissent on recrute de nouveau. En fait, un peu comme une entreprise. Mais
entre les deux, on souffrira beaucoup. Ce qui est sûr, c'est qu'il faudrait pratiquer la concertation et rerchercher une solution acceptable pour tous. Dommage que droite et gauche ne se mettent
pas autour de la table. Je t'embrasse. Malou



polly 13/05/2008 21:19

J'en serai de cette grève et même à la manif. Je crois que tu n'es pas très informée de ce qui va se passer pour tes enfants. Mais peut-être sont-ils intellectuellement nantis et pourront suivre tranquillement leur scolarité avec leurs 38 autres camarades en cours (d'anglais par exemple)
J'ai dû faire trois fois la grève dans ma carrière, parce que j'ai d'autres combats plus importants à côté, mais cette fois je m'y colle et non par esprit de contradiction, c'est tout à fait ce que les médias veulent faire penser. Mais ce mouvement concerne tous les parents, c'est la qualité de l'enseignement qui va en souffrir.
S'il est un poste où on ne devrait pas faire d'économie c'est bien celui-là. Mes enfants sont grands, je devrais m'en foutre! pourtant je me sens concernée, et non pas pour mon poste, dans quatre ans je suis à la retraite!
Je veux juste ajouter que j'ai lu récemment que les manuels scolaires de primaire étaient imprimés, pourtant pendant plusieurs jours des amis prof d'école ont planché là-dessus. Tu appelles ça comment? On demande notre avis par démagogie.
L'an prochain, j'ai une amie qui aura double niveau dans sa classe (cm1 et cm2) avec 40 gosses dont trois dyslexiques, un déficient léger, sans compter les cas sociaux. Comment elle fait? Le problème c'est que on se met autour d'une table avec les politiques, mais qu'une fois le débat terminé, ils font comme ils veulent (je pense aux accords de grenelle sur l'environnement, les OGM). Je ne mélange pas tout, mais c'est pour te dire qu'on nous prend pour des imbéciles la plupart du temps. C'est pourquoi, en France, malheureusement, il faut en passer par les grèves.
Je ne suis pas en désaccord pour qu'un service minimum soit assuré, mais c'est au rectorat de l'organiser, je ne vois ce que viennent faire les communes là dedans. Et les parents ont souvent tendance à considérer l'école comme une garderie plutôt que comme un lieu de travail.Les familles les plus démunies dont tu parles, ce sont celles qui se débrouillent le mieux entre elles pour assurer, elles s'organisent, et je sais de quoi je parle.
Je n'ai pas pu résister, je ne pouvais pas laisser ton billet sans le pondérer.
J'espère que tu entendras ma réponse un tant soit peu.

Malou 14/05/2008 09:13


Bien sûr Polly que j'entends ta réponse. Le débat est totalement ouvert, sans censure aucune. On progresse toujours par des avis différents du sien. Quand tu dis
que je suis sous-informée par rapport à cette question. Je veux bien accepter ta remarque bien que j'essaie de m'informer du mieux que je peux tant cette question me passionne. Mes enfants sont
grands maintenant mais je souhaite le mieux pour mes petits-enfants. Vois-tu  par mon article, je voulais juste m'étonner que des décisions prises ne soient pas appliquées, je voulais juste
m'étonner que par exemple dans les Hôpitaux d'où je suis issue on impose un service minimum et qu'ailleurs, aussi respectable que soit le droit de grève, on n'impose rien. J'ai l'impression qu'on
prend les enfants ou les citoyens en otage et cela me dérange énormément. La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres, ne l'oublions pas. Et la liberté d'aller à son travail pour
une maman qui travaille doit être respectée. Ceci posé, le débat sur l'éducation nationale est un vrai débat très interpellant. Je comprends tout à fait tes inquiétudes et les chiffres que tu nous
donnes appellent à réflexion. Mais on nous  en donne d'autres démontrant que la France est un des pays où les élèves coûtent le plus cher et sont en queue de peloton sur les résultats de leurs
performances scolaires. Alors comment faire avancer le débat? Je suis à ton écoute Polly pour poursuivre le débat. A très bientôt. Malou


Constance 09/05/2008 13:55

Beaucoup de français ont,par principe,un esprit de contradiction particulièrement développé.Il s'agit bien ici d'une marque de fabrique de notre pays mais qui n'est pas toujours à notre avantage.
Protester quand le "combat" le mérite,oui,mais souvent hélas,la contestation devient quasi-systématique et cela se fait aux dépens des causes qui le mériteraient vraiment.
Bisous Malou

Malou 09/05/2008 18:24


Oui, c'est vrai que je peste souvent contre le côté râleur des français et surtout protestataire systématique.

Je ne crois pas avoir ce travers en tout cas j'essaie de ne pas l'avoir. En général, je me documente avant de formuler une opinion que j'essaie de moduler et d'offrir au débat.

Dans ce billet, Constance, je m'élevais aussi en filigrane contre la tendance trop répandue à s'opposer aux directives de nos gouvernants et aux lois. Je pense qu'il faut qu'il y ait débat avant,
étude approfondie du sujet en liens avec les différents partenaires, pendant et ensuite la décision prise doit être appliquée. La France grève de moults réglements, d'une pléthore de lois, décrets,
circulaires nécessitées par le caractère frondeur et fraudeur du Français. Bisous à  toi . J'espère te revoir sur mon blog pour continuer ce débat ou un autre. Malou