La joie de vivre loge dans la fraîcheur du coeur à coeur,

Publié le par Malou

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"La joie est la matière la plus rare dans ce monde. Elle n'a rien à voir avec l'euphorie, l'optimisme ou l'enthousiasme. Elle n'est pas un sentiment. Tous nos sentiments sont soupçonnables.

 

La joie ne vient pas du dedans, elle surgit du dehors - une chose de rien, circulante, aérienne, volante. On lui accorde beaucoup moins de crédit qu'à la tristesse qui, elle, fait valoir ses antécédents, son poids, sa profondeur.

 

La joie n'a aucun antécédent, aucun poids, aucune profondeur.

 

Elle est toute en commencements, en envols, en vibrations d'alouette. C'est la chose la plus précieuse et la plus pauvre du monde. Il n'y a guère que les enfants pour la voir. Les enfants, les saints, les chiens errants. Et toi. Tu l'attrapes au vol, tu la redonnes aussitôt, il n'y a rien d'autre à en faire. Et tu ris, tu ne sais que rire devant tant de richesse donnée, reçue. 


La grâce se paie toujours au prix fort. Une joie infinie ne va pas sans un courage également infini.

 

Dans tes rires c'est ton courage que j'entendais - un amour de la vie si puissant que même la vie ne pouvait plus l'assombrir."

 

Christian Bobin ( extraits "La plus que vive" 1999)


Soeur Emmanuelle, lumineuse et charismatique témoigne :

 

"Voici mon extraordinaire expérience : en 1993, après 22 ans passés dans les bidonvilles du Caire où la joie de vivre court de cabane en cabane,  je rentre en France.

Choc terrible : la morosité court de demeure en demeure, on ne se regarde pas, on ne se parle pas, on ne se connaît pas. Pendant ce temps, la joie chante là où l'on vit sans eau, sans électricité, sans loisirs, mais dans la fraternité quotidienne.

Bonheur, où loges-tu ?
Dans l'abondance des biens ou dans la relation, la fraîcheur du coeur à coeur ?”.



 

La joie de vivre Henri Matisse, 1905

   Huile sur toile, 174 x 238
   Merion, Fondation Barnes, Pennsylvanie

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herbert 18/10/2011 19:03



Bonsoir, Malou.


J'arrive, moi aussi.


Et je cherche aussi à trouver ton chemin de pensée comme celui de ton coeur.


Là, un seul mot me vient au bout demoi . Beethoween.


A plus tard.


Bisous.



Malou 20/10/2011 10:18



Beethoven, tiens quelle bonne idée. Ravie de te rencontrer sur mon chemin. A bientôt.



cecyle 15/10/2011 22:19



Une logique qui ne m'étonne pas car les fioritures de nos vies nous dissimulent le plus important...


Un beau rappel à la réalité de nos vies que nous ratons parfois faute de ne pas savoir ouvrir nos yeux au bonheur...pourtant à portée de nous...


Bonne nuit m'dame Malou!


Bisous



Malou 16/10/2011 23:21



J'aime bien la phrase "les fioritures de nos vies nous dissimulent le plus important". C'est tellement vrai et il me parait nécessaire sur nos blogs de parfois prendre un temps de réflexion pour
nous le rappeler. Les blogs forment une chaîne d'échange, de partage et parfois d'amitié qui peut nous permettre, de temps à autre, de nous poser pour des réflexions en profondeur. Merci, Mazelle
Cecyle de partager cela. Je t'embrasse.



mademoiselle may 15/10/2011 21:53



Ravie de découvrir ton blog et cet article qui me touche. Je ne connaissais pas ce texte remarquable de Christian Bobin. Je le trouve très beau. j'aime aussi beaucoup le ton de ton blog et "la
couleur" que tu donnes à tes articles.


Je te souhaite une belle soirée et te dis à bientôt


May



Malou 16/10/2011 23:18



Merci beaucoup mademoiselle may pour ton message sympa. Christian Bobin est un auteur que j'aime, poète qui porte sur la vie un regard juste et bienveillant. Je suis allée sur ton blog dont
j'aime la fraicheur et la tonicité. Je te te souhaite moi aussi une belle soirée. Je suis sûre que nous continuerons à nous suivre dans nos blogs respectifs. Amitiés salines.



nettoue 15/10/2011 17:04



Le français est râleur, avant on lui donnait l'apanage du bon coeur en même temps, qu'en est-il aujourd'hui, chère soeur Emmanuelle, vous et votre sourire et votre manière inimitable de
d'interppeler  sur les ondes ?


Bisous Malou



Malou 16/10/2011 19:33



Allons restons optimiste. J'espère qu'un petit ange "Soeur Emmanuelle" continue à veiller sur nous. P'tit bécot, Nettoue



PhareOuest 15/10/2011 13:01



Sœur Emmanuelle a su trouver plus de joie dans la misère que dans notre monde à nous, monde fait d’égoïsme, d’individualisme. Nous nous appelons pays riches, mais riches de quoi ?  Ce
que nous possédons, une voiture, une maison, des bijoux… tout est sous clefs dès que nous nous en éloignons et même, de plus en plus, sous alarmes, de peur qu’on nous vole notre trésor. Bien
pitoyable trésor que le nôtre qu’on serait bien incapable de troquer contre seulement un peu de joie.


Il n’y a que les miséreux, ceux  qui n’ont rien et donc rien à perdre, qui sont suffisamment riches pour se procurer quotidiennement un peu de joie et s’offrir le luxe de la partager.


Belle leçon de vie qui devrait nous inciter à méditer davantage sur notre individualisme, notre réticence au partage.


Pourtant, "une joie partagée est une double joie, un chagrin partagé n'est plus qu'un demi-chagrin".


 


Tendres bisous Malou



Malou 16/10/2011 19:22



Merci cher PhareOuest pour ce com de grande qualité sur lequel je n'ai rien à ajouter tant je suis d'accord avec tout ce qui est dit.


J'aime bien "une joie partagée est une double joie, un chagrin partagé n'est plus qu'un demi-chagrin". C'est de qui ?


Tendresse