VACANCES SCOLAIRES : la chanteuse NATALIE MERCHANT L'INCORRUPTIBLE ! POUR VOTRE PLAISIR !

Publié le par Malou

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Natalie démarra sa carrière artistique en 1981 en compagnie du groupe 10 000 maniacs.


Un peu punk, un peu reggae, avec son groupe, elle sillonna l'Amérique en car, de rade en rade, participant activement, à l'instar de R.E.M., au tissage du réseau rock alternatif outre-Atlan­tique. Des artistes qui privilégiaient l'émotion, l'authenticité et des valeurs d'entraide, à contre-courant de la vaine démesure et de la mégalomanie promues alors par les stars de la new wave clinquante ou du hard rock commercial de l'ère MTV. « Une major nous a signés parce qu'on avait déjà trouvé un public. Mais le système m'écœurait : toutes ces fortunes englouties dans la réa­li­sation de clips vidéo ou les notes de frais astronomiques des dirigeants de la maison de disques, qui se fichaient bien de notre musique... J'étais sauvage, je refusais de leur parler. Ce que j'aimais, c'était voyager, découvrir l'Amérique et ses gens. »

 

Cette préoccupation nourrit d'instinct les textes mûrs de Merchant, dont le premier succès, Planned Obsolescence, observe la faillite pro­grammée de toute valeur morale face au règne du matérialisme et de la consom­mation galopante. Par la suite, ses chansons dressent les portraits sensibles de laissés-pour-compte à travers des récits de grossesses adolescentes (Eat for two), de victimes de l'alcoolisme (Don't talk), d'enfants battus (What's the matter here ?).

 

C'est dire si, d'emblée, Merchant s'inscrit dans la pure tradition du folk-song, racontant les tranches de vie de tous ceux qui, dans l'ombre et dans l'adversité, sont l'essence même de l'Amérique. « J'ai toujours été en quête d'un sentiment d'appartenance, à la recherche de nos véritables racines, celles qui nous unissent réellement comme peuple. »

 

Avec sa sensibilité à fleur de peau, la chanteuse américaine ne cherche pas à maîtriser ses émotions. Elle n'en fait pas commerce pour autant. Simplement, la sincérité a toujours été son unique mode de communication. Sa voix passionnée illumine les chansons qu'elle grave depuis maintenant près de trente ans, avec son groupe 10 000 Maniacs autrefois, puis en solitaire.


De 2003 à 2009, Natalie Merchant resta silencieuse. Mais tout sauf inacti­ve. « Dès qu'on a un enfant, ce mot n'existe plus, sourit-elle. Tout comme la solitude ou plutôt l'isolement, l'état dans lequel j'écrivais avant de devenir mère. Alors je me suis intéressée aux textes des autres, aux comp­tines, aux poètes anglais de l'ère victorienne, et aux Américains. Ceux que je lisais quand j'étais petite et d'autres que je découvre aujour­d'hui. » Une longue recherche intime qui a débouché sur le plus ambitieux des projets : Leave your sleep (« Quittez votre sommeil »), somptueux recueil de chansons que Natalie Merchant a composées à partir de textes de Robert Louis Stevenson, E.E. Cummings, Walter de la Mare, Edward Lear, Robert Graves et bien d'autres. Un album, double, balayant un étourdissant éventail de musiques folk du monde entier avec, pour assurer sa cohérence, son intégrité, le timbre puissant et vibrant aux mille nuances de la chanteuse. Natalie Merchant a entièrement financé le disque, vendant la maison qu'elle possédait à Hawaii pour payer les longs mois d'enregistrement et les dizaines de musiciens venus de tous horizons.

« Plus aucune maison de disques n'investirait dans un tel projet, explique-t-elle.C'était à moi de le réaliser seule, puis de le proposer clés en main à un label qui saurait l'apprécier. »

On se dira que Natalie Merchant a de la chance. Celle de jouir d'une notoriété suffisante - ses albums, avec 10 000 Maniacs ou en solo, se sont vendus par millions - pour imposer ses règles et survivre en indépendante. Mais cette chance, elle l'a farouchement provoquée, en restant sur ses gardes, en tenant ses distances avec les us et coutumes d'un business qui paie aujourd'hui cher le prix de ses excès. 

 

PS Pensez à arrêter l'écoute du lecteur colonne de droite avant de déclancher l'écoute de Natalie !

 

 

extrait d'un entretien de Hugo Cassavetti avec Natalie Merchant

Télérama n° 3143
Le 12 avril 2010 

 

 

 

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Commenter cet article

cecyle 30/10/2011 15:44



Coucou m'dame Malou!


Je ne connaissais pas cette artiste donc merci de me la faire découvrir!


Elle a une très belle voix effectivement et son parcours est vraiment plaisant!


Bon dimanche!


Bisous



Malou 06/11/2011 16:20



Hello Mzelle Cecyle! Très belle voix et parcours atypique très attachant. Bisous



bellamy 30/10/2011 09:40



découverte pour moi , je ne connaissais pas  !


Merci Malou


Bon Dimanche


Jean



Malou 06/11/2011 16:13



Ravie du partage, alors ! J'adore les découvertes talentueuses, moi aussi. Bon dimanche à toi (avec une semaine de décalage, hi!hi!hi!)



Veronica 30/10/2011 08:46



Entre elle et Adèle je choisis la seconde que je suis depuis son premier album, tous ses titres sont enchanteurs, mais j'écoutais Nathalie la semaine dernière tu vois ...


 


Pensées musicales !



Malou 06/11/2011 16:11



Je vois que nos goûts se rejoignent. Quelle chance ! Bises musicales à toi.



herbert 29/10/2011 16:04



Bonsoir, Malou.


On ne peut qu'être sensible à cette voix-là.


Et  merci beaucoup pour ton texte explicatif.


Bon week-end


Bisous



Malou 06/11/2011 16:10



Oui, j'aime bien au-delà de la voix, découvrir la personne et celle-ci me donne l'impression d'être une belle personne. J'espère que tu passes un bon week-end. Bisous



mademoiselle may 29/10/2011 09:57



Une voix authentique et sincère, des morceaux plein de caractère; je ne connaissais pas et j'aime bien. merci pour cette découverte!


J'espère que tu vas bien et que tu profites des vacances en famille, je te fais de gros bisous


May



Malou 06/11/2011 16:09



Hello May !


J'ai bien profité de mes vacances et rentre en pleine forme. Je suis heureuse que tu apprécies Natalie Merchant qui est vraiment une chanteuse douée qui a réussi sans entrer dans le système du
show biz! Bisous