Au hasard de mes pérégrinations sur le net,
j'ai découvert grâce à Séraphine
un poéte breton talentueux
et ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir sa plume méconnue.
Il s'agit de Louis Jouan.
Je ne suis pas parvenue à trouver un de ses livres.
Les seules références collectées émanent d' Amazone.fr
mais hélas son livre est épuisé.
Il s'agit de :
Louis Jouan. Chants d'Armor et de Carnac : Poèmes
Voici trois de ces poèmes
J'aime sauvagement...
"J'aime sauvagement les grèves et la mer;
j'aime avec passion les flots chargés d'écume
qui claquent longuement, assourdis par la brume
au pied des rochers noirs pendant les mois d'hiver.
J'adore les dolmens, les landes gracieuses
et mon pied vient glisser sur leurs rocs cerclés d'or;
j'aime les bruissements du pays de l'Armor
que rompent les hoquets des tempêtes hargneuses
mais le pré sans mouette ou les récifs sans freux,
les genêts sans la mer, l'océan sans les landes,
la plage sans bruyère ou les soirs sans légendes
Mon Dieu, ne seraient plus mon Pays merveilleux
car le secret mélange au sein du vent qui passe
des senteurs de sa terre et des embruns du flot
est tellement profond qu'une absence aussitôt
m'empêcherait de jouir de sa subtile grâce !"
Esprits celtes
"Vous Pilours-Lans : pileurs de lande
qui cognez la nuit sur les murs,
sylphes badins chargés de brande
qui tapez dans les coins obscurs,
gnomes bretons, spontails, génies,
bêtes ou gens, méchants, moqueurs,
joyeux lutins aux cent manies
qui saisissez les voyageurs,
Jau-Guens : chevaux blancs diaboliques
qui noyez votre cavalier,
vieux Garos : loups-garous celtiques
qui gémissez dans le sentier,
bien chaussés de sabots de marbre,
korrigans, farfadets et nains,
le soir, sur le granit, sous l'arbre
tournez, ballez loin des humains !
Salaün ar foll, le fou du bois
"En Bretagne, par les domaines
des comtes de Léon, jadis,
besace au dos, près des fontaines
errait l'innocent du pays;
ses pieds, sur les terres fécondes,
laissaient choir des gouttes de sang;
Salaün, dans les forêts profondes,
dormait sous un chêne géant;
il ignorait notre langage;
à la Vierge, chaque matin,
il s'en venait offrir un gage
de foi ou d'amour enfantin;
le Fou du Bois, douce colombe,
était un ange bienheureux :
quand il rendit son âme aux cieux
un lis s'éleva sur sa tombe !"
Et si d'aventure, lecteur, vous retrouvez la trace d'un de ses ouvrages,
je vous remercie de me le communiquer.
Je me le procurerai car il me semble que nous devons aider les talents méconnus.
Et si Louis Jouan passe sur mon blog qu'il en soit remercié.
J'espère qu'il appréciera d'être ainsi mis en lumière.
Je le fais gracieusement et amicalement
mais s'il le souhaite, à sa demande,
je peux immédiatement enlever ses textes de mon blog.
Vos courants d'air-amitié